Mes photos lors de la Nuit des étoiles à Toussaint

Nuit des étoiles à Toussaint


Voici quelques-unes de mes photos réalisées le 8 août 2026, à l’occasion de la Nuit des étoiles organisée par le Club d’astronomie de Toussaint, à la salle de l’Épinay.

Après la brillante conférence du président du club, Jean Becker, devant une salle bien remplie (près de 150 personnes, attentives et enthousiastes), le public a pu profiter des différentes installations d'observation amenées par les membres du club, sous un ciel particulièrement dégagé et sans Lune.

Le clou de la soirée fut sans doute Saturne, qui a suscité beaucoup d’intérêt parmi les visiteurs venus l’observer dans les différents instruments, télescopes et lunettes.



Visuel assisté avec un simple APN



Pour ma part, j’avais choisi de venir avec un matériel beaucoup plus léger : simplement mon appareil photo équipé d’un objectif de 135 mm, installé sur une petite monture mécanique permettant d’effectuer des poses relativement longues.

J’avais également installé un ASIAIR Plus, qui permettait de piloter l’appareil photo et surtout de visualiser sur l’écran de mon iPad, presque en temps réel, le résultat des acquisitions et de leur empilement successif.

Avec une focale de 135 mm, le grossissement est évidemment beaucoup trop faible pour s’attaquer à Saturne. Je me suis donc concentré sur les nébuleuses du ciel d’été, ainsi que sur la magnifique galaxie d’Andromède (M31), qui se levait à l’est.

Le public pouvait ainsi suivre directement sur mon iPad l’évolution des images : après quelques minutes de pose et d’empilement, les principaux objets célestes apparaissaient déjà à l’écran. C’est ce que l’on appelle le visuel assisté.

Mais le lendemain, j’ai repris les images capturées pendant la soirée pour leur appliquer un traitement beaucoup plus poussé. Cette étape permet de faire ressortir beaucoup plus de détails et de subtilités que l’image affichée en direct.

Je suis donc relativement satisfait du résultat, même si les conditions étaient loin d’être idéales pour réaliser de véritables images astronomiques.

Tout d’abord, il y avait beaucoup de lumières parasites : l’éclairage de la salle, le ballet des voitures sur le parking, les lasers utilisés par les membres du club pour montrer les constellations, sans oublier les écrans des smartphones, ordinateurs et tablettes. À cela s’ajoute bien sûr la pollution lumineuse liée à la proximité de Fécamp.

Ensuite, je n’ai pas pris le temps de réaliser les images de calibration (DOF), pourtant indispensables pour optimiser le traitement et corriger les défauts du capteur et de l’optique.
Les temps d'acquisition ne dépassaient pas 10 à 15mn pour chaque cible, ce qui est vraiment le minimum.

Enfin, la mise en station de la monture, tout comme la mise au point de l’objectif, ont été réalisées un peu rapidement… pour ne pas dire bâclées !

Avec exactement le même matériel, il est donc possible de faire nettement mieux.

 

Mais cette soirée était avant tout l'occasion de partager l’astronomie avec le public, et je commence à suffisamment bien maîtriser l’ensemble du processus (acquisition, empilement et traitement) pour parvenir malgré tout à obtenir ces résultats dans des conditions assez éloignées de celles d’une véritable séance d’astrophotographie.

 

Matériel utilisé :

 

  • - Monture : Omegon MiniTrack LX4 sur trépied photo
  • - Appareil photo : Sony A7III défiltré
  • - Objectif : Samyang 135 mm f/1.8
  • - Pilotage et visuel assisté : ZWO ASIAIR Plus, piloté depuis un iPad


Le cœur de la Voie lactée : La constellation du Sagittaire


J’ai d’abord pointé mon objectif vers le centre de notre Galaxie, dans la constellation du Sagittaire, car les nombreuses nébuleuses qui s’y cachent, déjà très basses sur l’horizon, allaient rapidement disparaître derrière les bâtiments qui se trouvaient dans cette direction. En dirigeant mon appareil vers le zénith, je me suis retrouvé en plein cœur de la Voie lactée, dans la constellation du Cygne, une région particulièrement riche en grandes nébuleuses.



Deux étoiles facilement repérables à l’œil nu permettent de se situer : Deneb et Sadr. Toutes deux sont plongées dans des régions nébuleuses particulièrement riches.

On peut notamment distinguer sur l’image la célèbre nébuleuse de l’Amérique du Nord, ainsi appelée en raison de sa forme qui rappelle, de manière assez étonnante, celle du continent américain.



Sur cette première photo, on peut notamment voir la fameuse nébuleuse de la Lagune (M8) et, juste au-dessus, plus petite, la nébuleuse Trifide (M20).

Tout en haut de l’image apparaît le nuage d’étoiles du Sagittaire (M24). Contrairement à ce que son apparence pourrait laisser penser, M24 n’est ni un amas d’étoiles ni une nébuleuse : il s’agit en réalité d’une immense trouée dans les nuages de poussière de la Voie lactée. Cette fenêtre, large d’environ 300 années-lumière, permet d’apercevoir des millions d’étoiles situées en arrière-plan, certaines à plus de 10 000 années-lumière de la Terre !

On distingue également plusieurs amas d’étoiles, notamment M22, complètement à gauche, et M23, en haut à droite de l’image.


                                                                             ISO 1600, 27x30s soit 13 minutes de pose


L’Aigle et le Homard


Sur cette seconde photo apparaissent certainement deux des nébuleuses les plus célèbres de cette région du ciel : la nébuleuse de l’Aigle (M16), en haut, et la nébuleuse du Homard (M17), juste en dessous.

On retrouve également en dessous le nuage d’étoiles du Sagittaire (M24) de la photo précédente.


                                                                                     ISO 1600, 12x30s soit 6 minutes de pose


Mosaïque


Ces deux derniers cadrages sont suffisamment proches dans le ciel pour réaliser une mosaïque en assemblant les deux images.


                                                                                       Mosaïque des deux images précédentes.


Vers Persée


À l’autre extrémité de la Voie lactée, qui traverse le ciel comme une immense arche, on pouvait admirer, vers le nord-nord-est, le célèbre double amas de Persée (NGC 869 et NGC 884), juste sous le grand « W » formé par les étoiles de Cassiopée.

Cet objet est suffisamment lumineux pour être perceptible à l’œil nu sous un bon ciel, même si les deux amas apparaissent alors plutôt comme une seule petite tache diffuse.

J’avais malheureusement oublié que se trouvaient non loin de là deux immenses régions nébuleuses : les nébuleuses du Cœur et de l’Âme. Elles sont donc assez mal cadrées sur mon image, mais elles m'étaient totalement invisibles dans le viseur de mon appareil photo.


                                                                                    ISO 3200, 15x30s soit 7,5 minutes de pose


Vers Cassiopée


En remontant vers le « W » de Cassiopée, on rencontre le fameux amas ouvert NGC 7789, ici en haut de l'image, surnommé la Rose de Caroline et découvert par Caroline Herschel, sœur de l’astronome William Herschel et elle-même astronome accomplie.

Et, dans la partie basse de l’image, on peut également découvrir la nébuleuse Pacman (NGC 281), ainsi nommée en raison de sa forme qui évoque le célèbre personnage du jeu vidéo.


                                                                                ISO 3200, 16x30s soit 8 minutes de pose


Le Cygne : au cœur des grandes nébuleuses


En dirigeant mon appareil vers le zénith, je me suis retrouvé en plein cœur de la Voie lactée, dans la constellation du Cygne, une région particulièrement riche en grandes nébuleuses.

Deux étoiles facilement repérables à l’œil nu permettent de se situer : Deneb et Sadr. Toutes deux sont plongées dans des régions nébuleuses particulièrement riches.

On peut notamment distinguer sur l’image la célèbre nébuleuse de l’Amérique du Nord, ainsi appelée en raison de sa forme qui rappelle, de manière assez étonnante, celle du continent américain.



La galaxie d'Andromède !


Enfin, en me déplaçant légèrement vers l’est, je me suis tourné vers l’un des objets les plus éloignés que l’on puisse percevoir à l’œil nu à condition de bénéficier d’un ciel suffisamment sombre. Il s’agit bien sûr de notre grande voisine, la galaxie d’Andromède (M31).

Ce soir-là, les conditions n’étaient malheureusement pas assez bonnes pour que je puisse personnellement la distinguer à l’œil nu. Mais une simple paire de jumelles suffit généralement à la révéler, et même un smartphone peut permettre de la détecter sous un ciel suffisamment sombre.

Car cette « voisine » est tout de même située à environ 2,5 millions d’années-lumière de la Terre !

C’est une différence vertigineuse avec tous les objets évoqués précédemment : les nébuleuses et amas d’étoiles photographiés dans la Voie lactée se trouvent généralement à quelques milliers, voire quelques dizaines de milliers d’années-lumière au maximum.

Avec Andromède, on change donc complètement d’échelle : ce que l’on voit sur la photo n’est plus un objet situé dans notre Galaxie, mais une galaxie entière, contenant elle-même des centaines de milliards d’étoiles, à 2,5 millions d’années-lumière de nous !


                                                                                ISO 3200, 18x30s soit 9 minutes de pose


Dernières photos au Smartphone !


Enfin, de retour à la maison, vers 2h du matin, même si je n'ai pas eu le courage de réinstaller tout le matériel, je n'ai pas résisté à l'envie de faire quelques dernières photos au smartphone (un iPhone 14) posé sur un trépied avec des poses de 30s par image.


                                                      Le ciel vers le Sud avec la planète Saturne qui monte dans le ciel !

                                                                              iPhone 14 sur trépied, 30s de pose.


                                        Le ciel vers l'est avec la galaxie d'Andromède et le double amas de Persée à gauche

                                                                              iPhone 14 sur trépied, 30s de pose.


                                    Le ciel vers l'ouest avec le triangle d'été (Vega, Deneb et Altair) traversé par la Voie Lactée

                                                                           iPhone 14 sur trépied, 30s de pose.



👤 Gilles Rea

Publié il y a 2 mois

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