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Mes photos lors de la Nuit des étoiles à Toussaint
Nuit des étoiles à Toussaint Voici quelques-unes de mes photos réalisées le 8 août 2026 , à l’occasion de la Nuit des étoiles organisée par le Club d’astronomie de Toussaint , à la salle de l’Épinay. Après la brillante conférence du président du club, Jean Becker , devant une salle bien remplie (près de 150 personnes, attentives et enthousiastes), le public a pu profiter des différentes installations d'observation amenées par les membres du club, sous un ciel particulièrement dégagé et sans Lune. Le clou de la soirée fut sans doute Saturne , qui a suscité beaucoup d’intérêt parmi les visiteurs venus l’observer dans les différents instruments, télescopes et lunettes. Visuel assisté avec un simple APN Pour ma part, j’avais choisi de venir avec un matériel beaucoup plus léger : simplement mon appareil photo équipé d’un objectif de 135 mm, installé sur une petite monture mécanique permettant d’effectuer des poses relativement longues. J’avais également installé un ASIAIR Plus , qui permettait de piloter l’appareil photo et surtout de visualiser sur l’écran de mon iPad, presque en temps réel, le résultat des acquisitions et de leur empilement successif. Avec une focale de 135 mm, le grossissement est évidemment beaucoup trop faible pour s’attaquer à Saturne. Je me suis donc concentré sur les nébuleuses du ciel d’été , ainsi que sur la magnifique galaxie d’Andromède (M31) , qui se levait à l’est. Le public pouvait ainsi suivre directement sur mon iPad l’évolution des images : après quelques minutes de pose et d’empilement, les principaux objets célestes apparaissaient déjà à l’écran. C’est ce que l’on appelle le visuel assisté. Mais le lendemain, j’ai repris les images capturées pendant la soirée pour leur appliquer un traitement beaucoup plus poussé. Cette étape permet de faire ressortir beaucoup plus de détails et de subtilités que l’image affichée en direct. Je suis donc relativement satisfait du résultat, même si les conditions étaient loin d’être idéales pour réaliser de véritables images astronomiques. Tout d’abord, il y avait beaucoup de lumières parasites : l’éclairage de la salle, le ballet des voitures sur le parking, les lasers utilisés par les membres du club pour montrer les constellations, sans oublier les écrans des smartphones, ordinateurs et tablettes. À cela s’ajoute bien sûr la pollution lumineuse liée à la proximité de Fécamp. Ensuite, je n’ai pas pris le temps de réaliser les images de calibration (DOF) , pourtant indispensables pour optimiser le traitement et corriger les défauts du capteur et de l’optique. Les temps d'acquisition ne dépassaient pas 10 à 15mn pour chaque cible, ce qui est vraiment le minimum. Enfin, la mise en station de la monture, tout comme la mise au point de l’objectif, ont été réalisées un peu rapidement… pour ne pas dire bâclées ! Avec exactement le même matériel, il est donc possible de faire nettement mieux. Mais cette soirée était avant tout l'occasion de partager l’astronomie avec le public, et je commence à suffisamment bien maîtriser l’ensemble du processus (acquisition, empilement et traitement) pour parvenir malgré tout à obtenir ces résultats dans des conditions assez éloignées de celles d’une véritable séance d’astrophotographie. Matériel utilisé : - Monture : Omegon MiniTrack LX4 sur trépied photo - Appareil photo : Sony A7III défiltré - Objectif : Samyang 135 mm f/1.8 - Pilotage et visuel assisté : ZWO ASIAIR Plus, piloté depuis un iPad Le cœur de la Voie lactée : La constellation du Sagittaire J’ai d’abord pointé mon objectif vers le centre de notre Galaxie , dans la constellation du Sagittaire , car les nombreuses nébuleuses qui s’y cachent, déjà très basses sur l’horizon, allaient rapidement disparaître derrière les bâtiments qui se trouvaient dans cette direction. En dirigeant mon appareil vers le zénith , je me suis retrouvé en plein cœur de la Voie lactée, dans la constellation du Cygne , une région particulièrement riche en grandes nébuleuses. Deux étoiles facilement repérables à l’œil nu permettent de se situer : Deneb et Sadr. Toutes deux sont plongées dans des régions nébuleuses particulièrement riches. On peut notamment distinguer sur l’image la célèbre nébuleuse de l’Amérique du Nord, ainsi appelée en raison de sa forme qui rappelle, de manière assez étonnante, celle du continent américain. Sur cette première photo, on peut notamment voir la fameuse nébuleuse de la Lagune (M8) et, juste au-dessus, plus petite, la nébuleuse Trifide (M20) . Tout en haut de l’image apparaît le nuage d’étoiles du Sagittaire (M24) . Contrairement à ce que son apparence pourrait laisser penser, M24 n’est ni un amas d’étoiles ni une nébuleuse : il s’agit en réalité d’une immense trouée dans les nuages de poussière de la Voie lactée. Cette fenêtre, large d’environ 300 années-lumière, permet d’apercevoir des millions d’étoiles situées en arrière-plan, certaines à plus de 10 000 années-lumière de la Terre ! On distingue également plusieurs amas d’étoiles, notamment M22 , complètement à gauche, et M23 , en haut à droite de l’image. ISO 1600, 27x30s soit 13 minutes de pose L’Aigle et le Homard Sur cette seconde photo apparaissent certainement deux des nébuleuses les plus célèbres de cette région du ciel : la nébuleuse de l’Aigle (M16) , en haut, et la nébuleuse du Homard (M17) , juste en dessous. On retrouve également en dessous le nuage d’étoiles du Sagittaire (M24) de la photo précédente. ISO 1600, 12x30s soit 6 minutes de pose Mosaïque Ces deux derniers cadrages sont suffisamment proches dans le ciel pour réaliser une mosaïque en assemblant les deux images. Mosaïque des deux images précédentes. Vers Persée À l’autre extrémité de la Voie lactée, qui traverse le ciel comme une immense arche, on pouvait admirer, vers le nord-nord-est , le célèbre double amas de Persée (NGC 869 et NGC 884) , juste sous le grand « W » formé par les étoiles de Cassiopée . Cet objet est suffisamment lumineux pour être perceptible à l’œil nu sous un bon ciel, même si les deux amas apparaissent alors plutôt comme une seule petite tache diffuse. J’avais malheureusement oublié que se trouvaient non loin de là deux immenses régions nébuleuses : les nébuleuses du Cœur et de l’Âme . Elles sont donc assez mal cadrées sur mon image, mais elles m'étaient totalement invisibles dans le viseur de mon appareil photo. ISO 3200, 15x30s soit 7,5 minutes de pose Vers Cassiopée En remontant vers le « W » de Cassiopée, on rencontre le fameux amas ouvert NGC 7789 , ici en haut de l'image, surnommé la Rose de Caroline et découvert par Caroline Herschel , sœur de l’astronome William Herschel et elle-même astronome accomplie. Et, dans la partie basse de l’image, on peut également découvrir la nébuleuse Pacman (NGC 281) , ainsi nommée en raison de sa forme qui évoque le célèbre personnage du jeu vidéo. ISO 3200, 16x30s soit 8 minutes de pose Le Cygne : au cœur des grandes nébuleuses En dirigeant mon appareil vers le zénith , je me suis retrouvé en plein cœur de la Voie lactée, dans la constellation du Cygne , une région particulièrement riche en grandes nébuleuses. Deux étoiles facilement repérables à l’œil nu permettent de se situer : Deneb et Sadr . Toutes deux sont plongées dans des régions nébuleuses particulièrement riches. On peut notamment distinguer sur l’image la célèbre nébuleuse de l’Amérique du Nord , ainsi appelée en raison de sa forme qui rappelle, de manière assez étonnante, celle du continent américain. La galaxie d'Andromède ! Enfin, en me déplaçant légèrement vers l’est, je me suis tourné vers l’un des objets les plus éloignés que l’on puisse percevoir à l’œil nu à condition de bénéficier d’un ciel suffisamment sombre. Il s’agit bien sûr de notre grande voisine, la galaxie d’Andromède (M31) . Ce soir-là, les conditions n’étaient malheureusement pas assez bonnes pour que je puisse personnellement la distinguer à l’œil nu. Mais une simple paire de jumelles suffit généralement à la révéler, et même un smartphone peut permettre de la détecter sous un ciel suffisamment sombre. Car cette « voisine » est tout de même située à environ 2,5 millions d’années-lumière de la Terre ! C’est une différence vertigineuse avec tous les objets évoqués précédemment : les nébuleuses et amas d’étoiles photographiés dans la Voie lactée se trouvent généralement à quelques milliers, voire quelques dizaines de milliers d’années-lumière au maximum. Avec Andromède, on change donc complètement d’échelle : ce que l’on voit sur la photo n’est plus un objet situé dans notre Galaxie, mais une galaxie entière , contenant elle-même des centaines de milliards d’étoiles, à 2,5 millions d’années-lumière de nous ! ISO 3200, 18x30s soit 9 minutes de pose Dernières photos au Smartphone ! Enfin, de retour à la maison, vers 2h du matin, même si je n'ai pas eu le courage de réinstaller tout le matériel, je n'ai pas résisté à l'envie de faire quelques dernières photos au smartphone (un iPhone 14) posé sur un trépied avec des poses de 30s par image. Le ciel vers le Sud avec la planète Saturne qui monte dans le ciel ! iPhone 14 sur trépied, 30s de pose. Le ciel vers l'est avec la galaxie d'Andromède et le double amas de Persée à gauche iPhone 14 sur trépied, 30s de pose. Le ciel vers l'ouest avec le triangle d'été (Vega, Deneb et Altair) traversé par la Voie Lactée iPhone 14 sur trépied, 30s de pose.
Photos des membres du Club de Toussaint - Conjonction Lune & Vénus du 17 Juin 2026
Ces derniers jours, au crépuscule, vers l’ouest, nous avons pu assister à de multiples conjonctions, essentiellement planétaires : Vénus se rapprochant de Jupiter , puis Mercure entrant dans la danse avant que la Lune ne vienne rejoindre le ballet céleste. Sans compter Mars et Saturne , qui faisaient leur apparition quelques heures plus tard à l’aube, vers l’est. Bref, les cinq planètes du Système solaire visibles à l’œil nu étaient, du moins en théorie, observables au cours d’une seule et même nuit ! Mais c’est dans la soirée du 17 juin qu’a eu lieu le rapprochement maximal entre Vénus et la Lune , cette dernière passant (depuis la France) juste sous la déesse de la Beauté. D’ailleurs, le phénomène prenait la forme d’une occultation depuis d’autres régions du monde, notamment au Canada. Un rendez-vous que les membres du club de Toussaint n’ont pas voulu manquer, certains en profitant pour immortaliser l’événement par la photographie. Cette fois-ci, nul besoin de puissants télescopes pour se faire plaisir : un appareil photo, ou même un smartphone, pouvait faire l’affaire, même si pour ce type de photo (paysage nocturne) un minimum de maîtrise reste indispensable pour optimiser le rendu, qu’il s’agisse de l’exposition, du cadrage ou encore du choix du premier plan. Voici donc une sélection des photos prises par les membres du club ce fameux 17 juin, où l’on peut observer l’évolution de la position des deux astres l'un par rapport à l'autre au fil de la soirée. La Lune semble se déplacer dans le sens inverse de la rotation de la voute céleste. Elle va passer sous Vénus en se décalant progressivement vers sa gauche, jusqu’à ce que le couple se couche à l’ouest vers 0h30. Pour chaque image, le matériel utilisé ainsi que les réglages de prise de vue sont indiqués. Ces informations pourront être utiles à nos lecteurs souhaitant se lancer dans ce type de photographie lors de prochaines conjonctions planétaires. Photos de : Philippe Ledoux, Etienne Lamour, Alain Bourdel, Gilles Rea, Joel Nabais. (Description sous la photo) Photo : Philippe Ledoux Toussaint, 23 h 35 m La Lune, sa lumière cendrée, la planète Vénus et la petite étoile Eta Cancri, à gauche de la Lune . Lunette FS-60 sur monture motorisée Star Adventurer, APN Nikon D780, f/d 6.3, ISO 8000, exp 1/15 s Photo : Philippe Ledoux Observatoire de Toussaint, 23 h 45 m La Lune, Vénus et, basse sur l’horizon, la planète Jupiter APN Nikon D780 sur trépied, objectif Nikkor F120 mm, f/d 6.3, ISO 8000, exp 1/5 s Photo : Philippe Ledoux Fécamp, 00 h 05 m La Lune et Vénus au-dessus du phare nord et des estacades de Fécamp APN Nikon D780 sur trépied, objectif Nikkor F105 mm, f/d 6.3, ISO 8000, exp 1s Photo : Philippe Ledoux Un zoom dans l’image 3 permet de voir que la Lune s’est nettement déplacée en une demi-heure, au point de passer juste sous l’étoile Eta Cancri. Si la photo avait été prise depuis un site placé 3° plus au sud, on aurait vu la Lune occulter l’étoile. Photo : Philippe Ledoux Fécamp, 00 h 13 m : coucher de Vénus et de la Lune sur la rade de Fécamp, en face de la place de l’éclipse APN Nikon D780 sur trépied, objectif Nikkor F70 mm, f/d 6.3, ISO 8000, exp 1s Photo : Etienne Lamour Nikon Z50 objectif Nikkor DX 50-250 Photo : Etienne Lamour Nikon Z50 objectif Nikkor DX 50-250 (détail) Photo : Alain Bourdel Canon 6d et zoom 70-200 f2.8 sur trepied Photo : Alain Bourdel Canon 6d et zoom 70-200 f2.8 sur trepied Photo : GIlles Rea APN Sony A7III (défiltré) & objectif Zeiss 55mm, ISO1600, f/2.8, exp 0,5s Photo : GIlles Rea Caméra CP ZWO ASI2600MC & objectif Samyang 135mm f/2.8 Photo : Joel Dias Nabais Lieu: Ancourteville sur Héricourt à 22h51. Smartphone Oppo find x5 pro, ISO640, speed-1/39. Photo : Joel Dias Nabais Lieu: Ancourteville sur Héricourt à 22h53. Smartphone Oppo find x5 pro, ISO400, speed1/66 Photo : Joel Dias Nabais Lieu: Ancourteville sur Héricourt à 22h56. Smartphone Oppo find x5 pro, ISO0100, speed1/80 Vidéo : Gilles Rea Ma vidéo sur ma chaine Youtube de la conjonction Lune/Vénus du smartphone à la caméra dédiée astro.
Disparition de la Nuit à Gerville
Samedi 7 mars 2026, l' Agglomération Fécamp Caux Littoral et la mairie de Gerville avaient organisé, avec l’aide du club d’astronomie de Toussaint et de l’astrodôme , une journée de sensibilisation à l’impact de la pollution lumineuse, intitulée "La Disparition de la Nuit". La pollution lumineuse en Europe vue depuis la station spatiale internationale / crédit NASA L’astrodôme est un planétarium gonflable itinérant, permettant aux enfants et à leurs parents de découvrir la voûte céleste sans aucun nuage et bien au chaud. Ce qui peut rendre service en Normandie… Plusieurs séances de planétarium ont ainsi pu être organisées tout l’après-midi, dans la salle municipale de Gerville, « Le Clos Normand », et ont été conclues par un goûter offert aux enfants par l’agglomération de Fécamp Caux Littoral. L'astrodôme L’ambiance chaleureuse de l’astrodôme a été la bienvenue car, à l’extérieur, la météorologie était toute autre, avec un épais brouillard qui a contraint le club d’astronomie de Toussaint à annuler les observations au télescope qui avaient été prévues. Un bien beau brouillard... Mais, heureusement, plusieurs plans B avaient été concoctés : un atelier de fabrication de cartes du ciel, une exposition et une conférence du club d’astronomie sur la pollution lumineuse, une présentation au public de l’éclipse de Soleil du 12 août prochain. Atelier pour les enfants Fabriquer sa carte du ciel personnelle Vue de la conférence sur la pollution lumineuse L'exposition Une journée dont petits et grands garderont un bon souvenir en dépit du brouillard, et qui aura permis de réfléchir à l’impact insidieux de la pollution lumineuse sur la biodiversité… et sur la facture payée par les mairies et les contribuables.
Rassemblement planétaire : halte aux fake news !
Depuis quelques jours, on voit proliférer sur les réseaux sociaux des annonces sensationnalistes à propos d'un soi-disant rarissime rassemblement planétaire, illustrations fantaisistes à l'appui. En fait, rien de vraiment exceptionnel : s'il est vrai, pendant quelques jours, que plusieurs des planètes du système solaire seront observables simultanément dans le ciel, comme cela se produit de temps à autre, seule Jupiter sera assez brillante pour attirer l'œil. Pour le commun des mortels, les autres planètes auront le même aspect que des centaines d'autres étoiles. Pour arriver à les repérer, il faut connaître un peu le ciel. Rectifions au passage plusieurs âneries lues sur les réseaux sociaux : Non , ce rassemblement planétaire n'aura pas lieu à l'aube mais le soir . Non , Uranus et Neptune ne seront pas visibles à l'œil nu. Il faut un télescope. Et même dans cet instrument, Uranus n'est rien d'autre qu'une minuscule petite bille. Quant à Neptune, il faut un gros télescope pour voir que ce n'est pas une étoile mais une planète. Non , les planètes ne seront pas alignées en rang d'oignon, comme à la parade. En fait, vous verrez à l'œil nu, d'un côté, Jupiter qui brillera très fort au-dessus de vos têtes. Mais pour voir Mercure, Saturne et Vénus, il faudra se tourner vers l'ouest, juste après le coucher du Soleil pour espérer les apercevoir, très bas sur l'horizon. Et il faut faire vite pour apercevoir la planète Vénus, avant qu'elle ne se couche. À 19h30, c'est fini, on ne la voit plus. Non , le phénomène n'est pas visible uniquement le 28 février. En fait, ce rassemblement de planètes est visible pendant une petite dizaine de jours . Ci-dessous une photo prise ce 24 février en Normandie à 19h00. Pour mieux vous rendre compte de l'allure de ce rassemblement planétaire, vous trouverez ci-dessous une version annotée de la photo précédente. En fait, le plus intéressant dans ce rassemblement sera la possibilité de pouvoir observer la fugitive planète Mercure , qui n'est visible à tout casser chaque année qu'une semaine en soirée et une semaine à l'aube. Sur le gros plan ci-dessous, Mercure est en haut et Vénus est en bas, sur le point de disparaître derrière les arbres. Bonne chasse… et faites bien attention à ne pas vous coincer les doigts dans le "puissant portail énergétique" ou à vous prendre une châtaigne, au cas où ce portail serait vraiment trop énergétique. 🪐
Fiche sur le pouvoir séparateur de vos télescopes
Régulièrement, on voit passer sur Internet le terme de pouvoir séparateur (ou pouvoir de résolution) d'un télescope ou d'une lunette astronomique. Ce terme désigne la capacité de votre instrument à distinguer des détails très proches : par exemple deux cratères contigüs sur la Lune ou bien les deux composantes d'une étoile double. Si le pouvoir séparateur de votre télescope est insuffisant, les deux étoiles ressembleront à une unique tache ovale. Par contre, si votre télescope a une résolution suffisamment fine, vous distinguerez les deux étoiles. Sur mes dernières photos de la Lune, centrées sur le beau réseau de failles Rimae Hippalus, on voit bien la différence de détails que procure le passage d'un instrument de 60 mm à un instrument de 235 mm. Le pouvoir séparateur du premier instrument est de 1'' d'arc et celui du second instrument est de 0,51''. Le pouvoir de séparation d'un télescope, exprimé en secondes d'arc, est régi par l'équation ci-après : 1,22 λ / D où lambda λ est la longueur d'onde de la lumière et D le diamètre du télescope. On comprend alors que plus le diamètre D de votre télescope augmente et plus le PS sera petit, vous permettant d'espérer voir des détails fins dans le ciel. Cette équation permet également de comprendre que si votre PS n'est pas suffisant, vous pourrez vous escrimer autant que vous voudrez à mettre des oculaires de plus en plus forts sur votre télescope pour grossir de plus en plus l'image, vous ne verrez pas plus de détails puisque ces derniers ne dépendent que du diamètre de l'objectif de votre instrument. En clair, plus le télescope aura un gros diamètre et plus vous verrez de détails. Mais plus votre compte en banque en prendra un méchant coup... Dernier point : ne perdez pas de vue que ces calculs sont théoriques, supposant un ciel parfait... qui n'existe jamais en Normandie. Il n'est peut-être pas très utile de vous acheter un gros télescope de 500 mm de diamètre qui procure un PS théorique de 0,28'' d'arc de résolution si le seeing depuis votre jardin ne peut vous offrir mieux qu'une résolution de 1'' d'arc. Pour connaître les estimations actuelles du seeing en Normandie , consultez la page mise en ligne par l'observatoire astronomique de Rouen.
Les aurores boréales de janvier 2026
Plusieurs d’entre vous ont eu la chance de voir l'aurore boréale du 19 janvier, la plus puissante des 30 dernières années. Si l’Est et l’Ouest de la France ont été particulièrement gâtés, il n’en est pas allé de même pour la région de Fécamp, qui était recouverte de nuages. Mais, la chance aidant, certains ont néanmoins réussi à passer dans les trouées. Retour en images ci-dessous sur ce phénomène exceptionnel qui a duré de 21 h 30 à 1 h du matin. Et si vous souhaitez en savoir plus sur ce qui a causé ces aurores, cliquez ici Photo Le Phare à Images depuis la plage des Petites Dalles, en Normandie Photo faite depuis le Nord de la France, malgré la pollution lumineuse. Carine Bulteel, ex du club de Toussaint, émigrée dans l’Ch’Nord Vous trouverez à la fin de cette page le time-lapse réalisé par Carine, pendant 9 minutes 30 secondes, permettant d'apprécier le caractère mouvant de cette aurore ennuagée. Mais même celles et ceux dont le ciel était totalement couvert de nuages ont pu constater que ceux-ci avaient une bien étrange couleur. Photo Joël Nabais, depuis la région de Fécamp, en Normandie Mais, en France, les meilleurs sites pour voir ces aurores boréale ont été la Bretagne, les Alpes ou les Vosges, grâce à une météo plus favorable. Photo Mathias Pfauwadel , depuis la Bretagne Photo Gaëlle de Trescadec , depuis la Bretagne Photo Laurent Laveder, depuis la Bretagne (Pointe de Penmarch) Photo Emmanuel Beaudoin , depuis les Vosges A l'étranger, les habitants de la Grande Bretagne ou du Benelux ont eu droit également à un beau spectacle. Photo Jason Evans, depuis la New Forest, sur la côte sud de l'Angleterre, en face de Fécamp L'aurore boréale a été tellement puissante qu'elle a été vue depuis le sud de la France ou l'Italie. Photo Christophe Durand-Gratian, depuis Chateau-Gontier, dans la Mayenne Photo M. Paillé depuis le Poitou Photo Roberto Pellin, depuis la région de Venise, en Italie Sans parler de l'Australie où une de nos amies venait juste d'arriver pour ses vacances... Il y en a qui ont du bol, quand même... Photo Coralie Carreau, depuis le sud de l'Australie Pendant toute la journée du 20 janvier, l'activité aurorale est restée très intense, mais invisible à cause de la lumière du jour. Mais les enregistrements effectués par la NOAA montrent qu'après le pic rouge de la nuit du lundi 19 janvier, toute la journée du mardi est restée dans l'orange. Une fois la nuit tombée, un nouveau pic rouge est apparu vers 21 h, permettant d'observer à nouveau quelques aurores, mais bien plus faiblement. Photo Le Phare à Images , depuis la plage des Petites Dalles, en Normandie Photo Frédéric Michaud, depuis Mirville en Normandie Et pour apprendre à décrypter ces aurores polaires, consultez notre page spéciale .
Reportage : Le Jour de la Nuit à Colleville
Comme tous les ans , le club d'astronomie de Toussaint participait à cette organisation nationale, visant à expliquer les méfaits de la pollution lumineuse, et cette année, c'est la mairie de Colleville qui a répondu présent à notre invitation. Plusieurs actions ont été réalisées pendant la semaine du 6 au 12 octobre 2025, avec tout d'abord la venue de Stéphane Palfray et son astrodôme. Le succès de ce planétarium itinérant est toujours garanti auprès des enfants, découvrant le ciel, les planètes, les étoiles, les constellations, etc... Puis ce fut une intervention de Philippe Ledoux dans les classes de l'école primaire de Colleville, expliquant notamment le mouvement du soleil, le mécanisme de formation des ombres, avec là encore un intérêt réel des enfants. Une observation du Soleil et de ses taches, avec un télescope équipé d'un filtre de protection, est venue conclure ces interventions pédagogiques qui vont se poursuivre durant l'année scolaire avec pour fil rouge la réponse à la question "pourquoi fait-il plus chaud en été qu'en hiver ?" Le Soleil vu depuis la cour de l'école de Colleville En vue du jour de la nuit, il a été demandé aux enfants de réaliser des dessins, sur des thèmes d'astronomie : les constellations, le Soleil. Tous ces dessins ont été exposés dans la salle de la gare, le soir du Jour de la Nuit. C'est donc le samedi 11 octobre au soir, que 93 personnes ont pu, d'une part, admirer ces œuvres, et, d'autre part, s'informer de la pollution lumineuse grâce à des panneaux explicatifs, mais surtout avec la conférence de Jean Becker, le président du club d'astronomie de Toussaint. Puis, ce fut l'observation des astres avec l'aide des membres du club et de leurs télescopes. Saturne a été l'invitée d'honneur de la soirée, accompagnée d'étoiles doubles et des constellations de l'automne, devant un public curieux et des enfants ravis. Photo ASCT-section astronomie /Ph Ledoux Pour l'occasion, la direction de la sucrerie de Colleville avait bien voulu répondre favorablement à la demande de M. Duprey, le maire de Colleville, d'éteindre l'éclairage de la sucrerie. Une bien belle manifestation qui sera sans doute renouvelée l'année prochaine.
Reportage : L'éclipse de Lune et le rayon vert
Puisque l'éclipse de Lune de ce dimanche 7 septembre avait lieu au ras des pâquerettes, le club d'astronomie de Toussaint avait décidé d'emmener ses adhérents là où l'horizon est le plus dégagé : en pleine mer, grâce à la "Tante Fine", l'un des magnifiques vieux gréements de Fécamp . Photo AFDAM Photo Joël Nabais / ASCT-section astronomie Photo Claire Ledoux / ASCT-section astronomie Notre croisière avait été soigneusement calculée, avec l'aide du logiciel Photographer's Ephemeris pour que la Lune soit bien visible au dessus des falaises de la côte normande. Mais notre lunatique satellite en a décidé autrement et a préféré nous cacher ses charmes derrière les nuages. Photo Philippe Ledoux / ASCT-section astronomie La seule photo de l'éclipse que nous ayons pu prendre a été faite au cours d'une trouée de 3 ou 4 secondes dans les nuages... En fait, il y a bien eu une éclaircie, mais 6 mn après la fin de l'éclipse ! Photo Alain Bourdel / ASCT-section astronomie Le seul adhérent du club d'astronomie qui ait réussi à voir une part significative de l'éclipse était en Isère..... Photo Bernard Durand-Gratian / ASCT-section astronomie Pour autant, notre escapade astronomico-maritime n'en a pas moins été un excellent moment, grâce aux lueurs du Soleil couchant de Normandie qu'affectionnait tant Claude Monet . Arc-en-ciel derrière le Cap Fagnet / Photo Philippe Ledoux / ASCT-section astronomie Notre petite croisière nous a d'abord emmenés au large d'Yport, ancien village de pêcheurs situé entre Fécamp et les célèbres falaises d'Etretat. Puis nous avons laissé le courant nous ramener tranquillement vers Fécamp. A l'horizon, "l'éléphant" des falaises d'Etretat /Photo Alain Bourdel / ASCT-section astronomie Et si la Lune n'a pas daigné se montrer, par contre le Soleil nous a récompensés de notre patience en nous offrant un petit bout du rayon vert . Photo Philippe Ledoux / ASCT-section astronomie Zoomons sur la photo précédente pour en voir un peu plus : Mais siiii, regardez bien et zoomez encore un peu plus. Il semble bien qu'il y ait un petit quelque chose, non ? Notre retour au port a eu lieu un peu plus tard que prévu car, devant le Cap Fagnet, nous avons croisé un voilier en détresse dont le moteur était en panne. L'équipage de la "Tante Fine" est resté à ses côtés pour lui porter assistance, le temps que le canot de sauvetage de la SNSM de Fécamp vienne le remorquer. La solidarité des gens de mer n'est pas un vain mot... Photo Philippe Ledoux / ASCT-section astronomie "Homme libre, toujours tu chériras la mer" ! Photo Philippe Ledoux / ASCT-section astronomie








